Les prix 2025 des Mémoires de la Mer récompenseront des bandes dessinées explorant l’univers maritime sous toutes ses formes. Découvrez ci-dessous la sélection officielle.
🎨 Bandes Dessinées sélectionnées
Le Murmure de la Mer – Hippolyte (Éditions Les Arènes)
Octopolis – Gaétan Nocq (Éditions Daniel Maghen)
Captif des Glaces – Clément Baloup (scénario) et Hugo Stephan (dessin) (Éditions Steinkis)
Les prix 2025 des Mémoires de la Mer récompenseront des ouvrages explorant les multiples facettes du monde maritime. Découvrez ci-dessous la liste des livres sélectionnés cette année.
📚 Catégorie Fiction
La Promesse du Large – Arnaud de la Grange (Éditions Gallimard)
La Houle – Ioànna Karystiàni, traduit du grec par René Bouchet (Éditions Gallimard)
La Mémoire des Mers – Petra Rautiainen (Éditions du Seuil)
📖 Catégorie Non-fiction
Une Histoire du Cap Horn – Patrick Benoiton (Éditions Glénat)
Prendre la Mer : La Méditerranée & l’Atlantique de la préhistoire à 1500 – Barry Cunliffe, traduction : Patrick Galliou (Éditions Nouveau Monde)
Le Livre de la Bathysphère – Effets des profondeurs lumineuses de l’océan – Brad Fox (Éditions du Sous-Sol)
Les Invasions Biologiques – Philippe Gouletquer (Éditions Quae)
Pêcheur d’Hommes – Mikel Epalza et Coline Renault (Éditions des Équateurs)
Traverser les Océans et autres Épopées – Isabelle Joschke (Éditions Glénat)
Au Cœur de l’Océan – La véritable histoire de Moby Dick – Nathaniel Philbrick, traduction : Gérald Messadié (Éditions Paulsen) Réédition du livre paru chez JC Lattès en 2000 sous le titre « La véritable histoire de Moby Dick. Le naufrage de l’Essex qui inspira Herman Melville ».
Océans Insolites – Voyage au cœur de phénomènes naturels extraordinaires – Catherine Vadon et Michel Olagnon (Éditions Quae)
Réduire la Voilure – Stan Thuret (Éditions Robert Laffont)
Vers les Îles Éparses – Olivier Rollin (Éditions Verdier)
Saint-Nazaire – Patrick Deville (Éditions du Seuil)
Nous publions ici avec l'autorisation de l'auteur et du Télégramme la chronique d'Hervé Hamon parue dans le Télégramme du dimanche 26 janvier 2025
Trois petits phares et puis…
Courant d’ère Hervé Hamon
Disons-le tout de suite : ce billet ne sera pas du goût de tout le monde.
Car moi, qui ai chanté la mer, j’émets des réserves sur l’épreuve du Vendée Globe. Non sur les femmes et les hommes qui l’animent : ce sont de très grands marins qui jouent leur peau, qui affrontent les pires océans, qui font preuve d’un courage excessif – la première règle de la navigation n’est-elle pas d’éviter de prendre des risques inconsidérés ?
C’est la machine qui m’interroge. À commencer par ces bateaux au prix pharamineux et qui se nomment Pastille Valda, Destop-Cola, Convention Obsèques ou Fédération du Tord-Boyaux. La course au sponsor semble presque plus ardue que le passage des cinquantièmes hurlants. Et le retrait de Poulet Cassegrain ou de Marshmallow Solidaire plus catastrophique qu’un foc n°2 déchiré. Il y a là quelque chose qui cloche, à commencer par la vertigineuse inégalité financière entre les concurrents.
Et puis, est-ce bien la vocation des voiliers que de foncer à 70 km/h sur leurs foils ? Je veux bien qu’à titre expérimental, on déguise les navires en avions. Et qu’on étudie, toujours à titre expérimental, les aéronefs plongeurs. Mais est-ce encore de la saine navigation que cette recherche haletante de la vitesse – quand les vagues le permettent ?
La course du Figaro me paraît autrement excitante, mettant en lice des navires identiques où les skippers rusent avec Éole, particulièrement dans la pétole. Plus vite, encore plus vite… ce n’est pas l’avenir, c’est l’ancienne mode.
Est-ce toujours de la navigation que de s’enfermer dans un cockpit et de n’en sortir qu’à l’occasion d’une réparation ? Est-ce décidément de la navigation que de progresser un casque sur les oreilles afin de supporter les chocs terribles de l’eau contre le carbone ? La mer est suffisamment sauvage pour qu’il ne soit point nécessaire de l’ensauvager encore.
Je me souviens de Christophe Auguin, vainqueur d’un Vendée Globe particulièrement assassin en 1997. Avec une pointe d’amertume, haussant les épaules, il me disait : « J’ai fait le tour du monde et j’ai vu trois phares… »
Et quand je l’interrogeais sur ses rêves, il me répondait : « Me faufiler dans les passes de Chausey, mouiller dans les trous. »
Le monde est trop vaste pour que quiconque puisse prétendre en faire le tour. Pour ma part, je veux aller lentement, j’attends le triomphe des cargos à voile…
Il y a dix ans, le 18 avril 2015, l’Hermione quittait Rochefort, son port d’attache, et entamait sa traversée de l’Atlantique vers les États-Unis.
Réplique authentique de la frégate qui, en 1780, avait emmené La Fayette en Amérique pour annoncer à George Washington le soutien officiel de la France à l’indépendance américaine, l’Hermione, sur le départ, était saluée par le Président des États-Unis en personne.
En souhaitant « Bon voyage » à l’équipage, le Président Barack Obama avait tenu à rappeler que « pendant deux siècles, les États-Unis et la France ont défendu ensemble le principe de liberté, des champs de bataille de la Révolution américaine aux plages du Débarquement ».
Six semaines plus tard, le 4 juin 2015, c’est l’US Navy qui saluait l’Hermione à son arrivée dans les eaux américaines.
Le destroyer lance-missiles USS Mitscher alla à sa rencontre, son commandant déclarant : « Le retour symbolique de l’Hermione rend hommage à La Fayette et à l’alliance franco-américaine qui a apporté la victoire à la bataille de Yorktown. »
Dix ans après, si l’Hermione pouvait reprendre la mer, c’est sur le Groenland qu’elle devrait mettre le cap !
Pour afficher un soutien symbolique au Groenland et au Danemark face à un gouvernement américain oublieux de sa propre histoire et des valeurs à l’origine de la création des États-Unis, qui avaient justifié le soutien de la France aux insurgés américains à la fin du XVIIIe siècle.
Dans son numéro du 29 janvier 2025, Le Canard enchaîné évoquait, sur le ton de la plaisanterie, l’envoi au Groenland du porte-avions Charles de Gaulle.
Moins belliqueux, l’envoi en mission de l’Hermione aurait une valeur symbolique forte dans l’opinion publique américaine, mais aussi française et européenne.
Le cap ne fait pas débat, mais… trouverait-on aujourd’hui, dans le contexte actuel, du côté américain et français, des entreprises et des mécènes prêts à prendre le risque de soutenir, à travers ce voyage de l’Hermione, les valeurs de liberté et d’indépendance ?
Écrivain et navigateur, ancien rédacteur en chef du magazine Bateaux, Olivier Le Carrer est notamment l’auteur d’une histoire des tours du monde à la voile « Partir autour du monde » chez Glenat.
Il commente ici en exclusivité le témoignage d’un des concurrents, l’Italien Giancarlo Pedote, recueilli quelques jours avant le départ de l’édition 2024 du Vendée Globe par le journaliste Valentin Pineau pour Ouest-France.
Benedict Donnelly, ancien Secrétaire Général du Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques
Les coureurs ont le pouvoir de faire changer les choses
Le constat de Giancarlo Pedote est partagé par la plupart des coureurs actuels : les conditions de vie à bord des Imoca de dernière génération sont effectivement très difficiles, pour ne pas dire plus. Et le problème des blessures dues aux chocs ou aux accélérations et décélérations brutales est déjà une réalité : en témoigne l’accident sérieux de Samantha Davies en 2020, pendant le dernier Vendée Globe.
Au delà du risque proprement dit, la question du plaisir et du fait de se trouver « déconnecté » de la mer mérite aussi réflexion comme le souligne Giancarlo.
Pour être tout à fait exact, cette rupture n’est pas complètement nouvelle. Il y a près de trente ans, Christophe Auguin (vainqueur du Vendée Globe 1996/1997) disait lors de son arrivée : « Surtout, n’y allez pas ! « , répétant à qui voulait l’entendre que le temps lui avait paru effroyablement long dans sa machine de course invivable et qu’il ne souhaitait à personne de vivre une telle épreuve.
Encore plus tôt, Titouan Lamazou (premier vainqueur de la course, en 1989/1990) avouait alors n’avoir pris aucun plaisir dans son parcours, trop préoccupé par la marche de son bateau pour s’attarder sur la beauté des éléments…
Cette tendance remonte donc loin, mais il est indéniable que le développement des foils a considérablement accéléré – dans tous les sens du terme – le mouvement. Si ceux-ci apportent un atout en termes de vitesse (en témoigne la victoire de bateaux équipés de foils lors des deux dernières éditions du Vendée Globe), ils comportent aussi de nombreux inconvénients : surcoût financier, fragilité, inconfort accru du fait de l’extrême brutalité des mouvements, projection continue d’embruns imposant de fermer presque complètement les cockpits, et enfin augmentation du risque de collision avec des animaux marins ou des objets flottants.
Faut-il renoncer à ces appendices qui posent tant de problèmes ? Ce serait sans doute plus sage et la compétition n’y perdrait au fond rien de son intérêt. Pour mémoire, les premiers bateaux sans foils à couper la ligne d’arrivée en janvier 2021, ceux de Jean Le Cam et Damien Seguin, n’avaient que seize heures de retard sur le foiler de tête après 80 jours de course ! Il est vrai que cette édition s’était révélée peu favorable aux bateaux à foils, les conditions météo compliquées ne favorisant pas cette fois les grandes envolées…
Mais à l’image de Giancarlo qui déplore cette évolution… tout en choisissant d’équiper son bateau de grands foils performants (« Sportivement, je souhaite monter le curseur de la performance » déclarait-il après son arrivée à la huitième place du Vendée Globe 2020/2021) la position des coureurs reste souvent ambigue sur le sujet. Rien ne les empêche a priori de s’organiser entre eux pour faire bouger les choses. La course en Imoca n’est pas une discipline mondialement pratiquée dont les règles seraient verrouillées par une galaxie ingérable de fédérations éparpillées sur tous les continents. Elle ne repose que sur quelques dizaines de marins dont la majorité résident entre le Finistère et le Morbihan.
Certains ont d’ailleurs déjà fait des choix différents comme Jean Le Cam qui assume le refus des foils sur son bateau neuf, pour des raisons financières mais aussi parce qu’il tient à garder l’entière maîtrise de son bateau et préfère privilégier la simplicité.
À l’issue de cette édition, organisateurs et coureurs ne pourront en tous cas faire l’économie d’une vraie réflexion sur ce sujet. Et au passage sur celui de l’équipement en général, pour éviter la surenchère en termes de complexité mais aussi prévenir les dérives liées aux possibilités quasi illimitées des systèmes de communication modernes.
Dominique Serafini, artiste et plongeur sous-marin, auteur de bandes dessinées et de peintures inspirées par le monde sous-marin, et notamment par les aventures de l’équipe Cousteau, rend ici un hommage personnel à Paul Watson.
Après avoir travaillé avec Cousteau et embarqué sur la Calypso, j ai découvert la beauté et la fragilité de la vie marine.
Après la mort de Cousteau, je suis parti en mer à bord d’un catamaran et j’ai pu observer en plongée la dégradation de la vie sur les récifs coralliens des Caraïbes. Je me suis rapproché de Paul Watson et j’ai réalisé avec lui une bande dessinée sur ses expéditions en Antarctique dans le sanctuaire baleinier.
J’ai découvert son combat pour sauver les baleines des actions des baleiniers japonais. J’admire son courage et son engagement, et je suis révolté par son arrestation par le Danemark. J’ai réalisé cette peinture en hommage à Paul Watson pour lui témoigner mon admiration et mon soutien.
Faites circuler cette peinture autour de vous pour soutenir le combat de Paul Watson
La sauvegarde de la biodiversité des océans a été dès l’origine une des raisons d’être du Festival des Mémoires de la Mer. Et notre compagnonnage avec Paul Watson est déjà une longue histoire !
Et, 15 ans plus tard en 2021, nous avions salué la mobilisation de Sea Shepherd, l’association créée par Paul Watson, contre le braconnage des mers en mettant à l’honneur le récit de la traque du Thunder et en organisant lors des Rencontres des Mémoires de la Mer de Rochefort un échange avec Lamya Essemlali, la président de Sea Shepherd France, sur les nouvelles mafias de la mer.
Nous avons donc logiquement soutenu, dès le premier jour, l’appel lancé par de nombreuses associations et personnalités pour que soit donnée une réponse favorable à la demande d’obtention de la nationalité française de Paul Watson, afin de mettre fin à son incarcération au Danemark et d’empêcher son extradition vers le Japon où il risque la prison à vie pour son combat contre la pêche à la baleine.
Car nous avons tous plus que jamais besoin de Paul Watson !
L’anniversaire est passé chez nous totalement inaperçu : il y a 70 ans le Cutty Sark, navire emblématique de la génération des derniers voiliers du 19ème siècle d’avant la machine à vapeur, les fameux « clippers », était transformé en bateau musée du National Maritime Museum, installé en cale sèche au bord de la Tamise sur un quai du quartier de Greenwich à Londres.
Voilier de trois-mâts carré britannique, mis à l’eau en 1869, navire de commerce affecté au transport du thé de Chine au xixe siècle, puis au transport de la laine de Nouvelle-Zélande et d’Australie, le Cutty Sark est un des derniers et des plus emblématiques clippers de l’époque victorienne, reconverti en 1922 en navire école de la marine marchande britannique.
La transformation du Cutty Sark en navire musée est une réussite exemplaire et ce d’autant plus qu’elle a été confrontée en mai 2007 à un incendie qui a très gravement endommagé le bateau, en pleine restauration.
Si le Cutty Sark est une formidable réussite muséographique, c’est au delà de l’intérêt patrimonial du navire, aux choix architecturaux de ses promoteurs qu’on le doit : navire surélevé de trois mètres pour permettre la circulation du public sous sa quille et mettre en évidence la forme élancée de sa coque, interstice libre entre la coque et le pourtour de la cale sèche,et couvert pour parachever ce nouvel espace d’exposition.
Une forme de radoub, un navire de légende, un bateau-musée… ça donne des idées, non ?
Benedict Donnelly Président d’Honneur de l’Association Hermione-La Fayette.
Depuis la chaîne YouTube du Centre International de la Mer- Corderie Royale, retour en images sur l’édition 2024 du Festival des Mémoires de la Mer.
Pour sa 4e édition, le Festival a choisi d’explorer un monde à part, les profondeurs, de la surface jusqu’aux abysses. Au programme du Festival : l’émerveillement avec une sélection des plus beaux films sur le monde sous-marin et les richesses de la vie animale et végétale. La plongée dans l’imaginaire des profondeurs de Jules Verne à James Cameron, du roman aux jeux vidéo, aux mangas et à la création musicale. La réflexion et le débat sur les enjeux, les défis et les menaces liés à l’occupation humaine du monde sous-marin et des profondeurs.
Eclectisme, singularité, ouverture : l’édition 2024 du Festival des Mémoires de la Mer dédiée aux Profondeurs à Rochefort et sur l’Ile d’Aix a su préserver les valeurs d’un Festival inclassable.
Un festival associant le divertissement, la réflexion et l’échange sur l’aventure et les défis maritimes d’hier et d’aujourd’hui, ouvert à tous les publics de 7 à 77 ans, aux créateurs comme aux aventuriers, aux militants écologistes comme aux professionnels du monde maritime, aux scientifiques comme aux historiens.