
Il y a dix ans, le 18 avril 2015, l’Hermione quittait Rochefort, son port d’attache, et entamait sa traversée de l’Atlantique vers les États-Unis.
Réplique authentique de la frégate qui, en 1780, avait emmené La Fayette en Amérique pour annoncer à George Washington le soutien officiel de la France à l’indépendance américaine, l’Hermione, sur le départ, était saluée par le Président des États-Unis en personne.
En souhaitant « Bon voyage » à l’équipage, le Président Barack Obama avait tenu à rappeler que « pendant deux siècles, les États-Unis et la France ont défendu ensemble le principe de liberté, des champs de bataille de la Révolution américaine aux plages du Débarquement ».
Six semaines plus tard, le 4 juin 2015, c’est l’US Navy qui saluait l’Hermione à son arrivée dans les eaux américaines.
Le destroyer lance-missiles USS Mitscher alla à sa rencontre, son commandant déclarant : « Le retour symbolique de l’Hermione rend hommage à La Fayette et à l’alliance franco-américaine qui a apporté la victoire à la bataille de Yorktown. »
Dix ans après, si l’Hermione pouvait reprendre la mer, c’est sur le Groenland qu’elle devrait mettre le cap !
Pour afficher un soutien symbolique au Groenland et au Danemark face à un gouvernement américain oublieux de sa propre histoire et des valeurs à l’origine de la création des États-Unis, qui avaient justifié le soutien de la France aux insurgés américains à la fin du XVIIIe siècle.
Dans son numéro du 29 janvier 2025, Le Canard enchaîné évoquait, sur le ton de la plaisanterie, l’envoi au Groenland du porte-avions Charles de Gaulle.
Moins belliqueux, l’envoi en mission de l’Hermione aurait une valeur symbolique forte dans l’opinion publique américaine, mais aussi française et européenne.
Le cap ne fait pas débat, mais… trouverait-on aujourd’hui, dans le contexte actuel, du côté américain et français, des entreprises et des mécènes prêts à prendre le risque de soutenir, à travers ce voyage de l’Hermione, les valeurs de liberté et d’indépendance ?
Les paris sont ouverts…
Benedict Donnelly
Précision.
Oui, ce serait notre fierté, celle des initiateurs de l’aventure de l’Hermione, si celle-ci pouvait au plus vite prendre la mer pour rejoindre le Groenland.
Nous avons toujours dit, sans toujours être pris au sérieux, que l’Hermione, « frégate de la liberté « , était porteuse de valeurs qui n’avaient rien perdu de leur pertinence
Oui, à cet égard, la place de l’Hermione serait, aujourd’hui au Groenland ou à Odessa, plutôt qu’au départ de courses au large ou de fêtes maritimes…
Oui, mon « billet sur l’Hermione au Groenland », qui n’engage que moi, était doublement utopique :
-parce que l’Hermione est immobilisée dans une forme de radoub loin de son port d’attache;
– parce qu’il est permis de s’interroger sur l’attractivité d’un tel projet pour des entreprises françaises, européennes et/ ou américaines dans le contexte de l’Amérique de Trump.
Benedict Donnelly